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Madalena (manuscrit)

 

​Lorsqu’on chute, si notre plaie ne saigne pas, elle crée une ecchymose.

Mon grand père est mort, il a été habillé, maquillé, installé dans un cercueil zingué, mis dans un corbillard qui a roulé en direction du Portugal. Là, il a été installé dans une maison funéraire où le village tout entier est venu le saluer. Une messe a été dite en sa mémoire. Il a ensuite été épaulé jusqu’au cimetière, tout ça, sans que je ne sois au courant de rien.

Il y a une multitude de livres qui ont été écris sur le deuil, je n’en ai lu aucun. Pourquoi ? Parce-que j’en n’est rien à foutre de la psychologie de synthèse. Faire une thèse sur le deuil, c’est vendre des paillettes à une gamine et lui dire que c’est de la poudre de fée. Chaque personne est différente, par conséquent, tout deuil est différent. J’ai toujours pensé que le terme « faire son deuil » signifiait : être au clair avec la perte, accepter. En vous écrivant ces lignes, je constate que je ne sais toujours pas ce que cela veut dire. Ce qui est paradoxale, c’est que je suis assis au beau milieu d’une agence de pompes funèbres. Je tape donc sur le net, depuis mon iPhone : définition de faire son deuil. Je tombe sur le site d’une association qui accompagne des personnes dans ce contexte. Il est inscrit : « comment faire son deuil ? » (...) 

On ne fait pas son deuil. Tout d’abord parce que “faire son deuil” n’est pas une action volontaire, délibérée. C’est un processus qui se fait en nous, qui nous travaille. Ensuite, “faire son deuil” voudrait dire qu’un jour, le deuil est derrière soi. Non, le deuil fait partie de nous, comme une cicatrice. Nous vivons avec. Enfin, vivre son deuil ce n’est pas oublier. C’est au contraire permettre que le lien soit intériorisé et que l’autre existe encore, en soi. Ce qui revient à ce que je disais : un deuil, une singularité, pas de mode d’emploi.

Lorsqu’on chute, si notre plaie ne saigne pas, elle crée une ecchymose. Les ecchymoses sont plus longues à guérir que les plaies ouvertes.


Madalena 

(roman - en attente d'un éditeur)

 

Manuscrit envoyé sur demande d'éditeur uniquement : cedric.fernand@icloud.com

Madalena (manuscrit)

9,00€Prix
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